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L'UE promet un soutien exceptionnel aux agriculteurs face à l'envolée du prix des engrais
information fournie par AFP 19/05/2026 à 18:52

Un rassemblement d'agriculteurs devant le Parlement européen à Strasbourg, le 19 mai 2026 ( AFP / SEBASTIEN BOZON )

Un rassemblement d'agriculteurs devant le Parlement européen à Strasbourg, le 19 mai 2026 ( AFP / SEBASTIEN BOZON )

L'Union européenne a promis mardi d'apporter un "soutien exceptionnel" aux agriculteurs touchés par la flambée du prix des engrais, une crise qui s'est encore accentuée depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient.

Cette aide de l'UE sera d'au moins 200 millions d'euros, a assuré le commissaire européen à l'Agriculture Christophe Hansen.

Mais "c'est le minimum", l'objectif est "d'au moins doubler ce montant", a-t-il affirmé, en espérant un feu vert des Etats et des eurodéputés en juin.

Pour mettre la pression, des organisations agricoles s'étaient rassemblées dès le matin devant le Parlement européen à Strasbourg, où l'UE a dévoilé ce plan.

"La Commission européenne ne comprend pas la gravité de la situation", a déclaré à l'AFP Francie Gorman, un représentant des agriculteurs irlandais.

"Les agriculteurs ne peuvent pas supporter ces prix à long terme. Et je pense que l'on va assister à une réduction de l'utilisation des engrais, ce qui entraînera une baisse directe des niveaux de production alimentaire", a-t-il mis en garde, aux côtés d'une centaine de manifestants.

Avant le conflit au Moyen-Orient, 30% des engrais mondiaux transitaient par le détroit d'Ormuz.

Depuis fin février, le prix des fertilisants a bondi en Europe. Ceux à base d'azote coûtent autour de 500 euros la tonne désormais, contre quelque 380 euros l'hiver dernier.

A cela, s'ajoute l'envolée du coût du gazole pour les tracteurs, qui a poussé nombre d'Etats à sortir le carnet de chèques pour limiter la facture.

La Commission européenne se retrouve sous forte pression.

La guerre "a créé une prise de conscience de la nature stratégique du secteur des engrais", souligne Tiffanie Stephani, lobbyiste chez Yara, l'un des plus gros producteurs d'engrais en Europe.

Le plan d'action vise entre autres à soutenir les céréaliers, dans une situation particulièrement difficile.

Gros consommateurs d'engrais, ils sont dans le rouge depuis trois ans à cause de l'effet combiné d'une récolte de blé catastrophique en 2024 et d'une année 2025 marquée par des engrais très chers et un prix du blé sous les 200 euros la tonne en France, du fait d'une concurrence internationale accrue.

- Taxe carbone pas remise en cause -

L'UE importe de 30 à 70% des engrais qu'elle consomme, selon le type de fertilisants.

Elle compte donc agir à plus long terme pour diversifier ses approvisionnements et augmenter la production européenne.

Bruxelles veut en outre alléger ses règles sur les nitrates pour autoriser les paysans à utiliser davantage de digestat, des résidus issus de la méthanisation des déchets organiques et utilisés comme alternative aux engrais chimiques.

Cet assouplissement inquiète les organisations environnementales, qui craignent des pollutions de l'eau.

Pour les engrais produits en Europe, la Commission envisage également des "flexibilités" sur sa tarification du carbone, à condition que l'industrie s'engage à se décarboner et à développer des engrais alternatifs.

Concernant les engrais importés, l'exécutif européen n'a en revanche pas l'intention de suspendre sa taxe carbone aux frontières (CBAM), en dépit des revendications des agriculteurs et de plusieurs pays, dont la France.

Suspendre ce mécanisme est "une fausse bonne idée", juge le commissaire Christophe Hansen, qui vante cet outil face à la "concurrence déloyale" de pays étrangers.

Remettre en cause cette taxe ouvrirait aussi une brèche pour les autres secteurs polluants concernés par ce dispositif comme l'acier, l'aluminium, le ciment, l'électricité et l'hydrogène. Et cela désavantagerait les fabricants européens, qui tentent d'augmenter leur production.

Les syndicats agricoles, qui militaient pour la suspension de cette taxe, ont fait part de leur "profonde déception". La Commission "observe et hésite là où elle devrait agir", a critiqué le Copa-Cogeca, le lobby agricole européen.

L'Union européenne ne reviendra pas non plus sur l'augmentation progressive des taxes sur les engrais russes et bélarusses, dont Bruxelles voudrait définitivement se passer, afin de priver Moscou de ressources qui financent sa guerre en Ukraine.

15 commentaires

  • 19:06

    Tiens, plein de commentaires des yakafocons...


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